Pleurs, cris de joie, jouets qui s’entrechoquent, chaises qui raclent le sol… le quotidien d’une structure d’accueil de la petite enfance est une symphonie permanente. Mais lorsque cette symphonie tourne au brouhaha continu, elle se transforme en un risque professionnel majeur.
Souvent sous-estimé car considéré comme « normal » ou indissociable du métier, le bruit en collectivité est pourtant un ennemi invisible. Il use les organismes, épuise les équipes et altère la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT).
Quels sont les impacts réels du bruit sur la santé des professionnels de la petite enfance ? Quelles solutions acoustiques et quelles astuces d’équipe peut-on mettre en place pour préserver sa fatigue auditive ? On fait le point.
Contrairement aux idées reçues, l’environnement d’une crèche ou d’une école maternelle peut parfois rivaliser avec certaines activités industrielles. Avec une moyenne de 80 décibels (db) atteints, les crèches font partie des espaces collectifs les plus bruyants, pouvant rivaliser avec un restaurant très fréquenté. À titre de comparaison, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise un bruit de fond idéal de 35db dans les espaces d’apprentissage et de repos !
L’exposition prolongée d’un niveau sonore élevé présente un risque sur les professionnels en poste (auxiliaire de puériculture, éducateurs de jeunes enfants, CAP AEPE….). À la longue, elle peut avoir des conséquences sur leur santé :
Une exposition chronique à de forts volumes sonores peut provoquer :
S’il est moins évident de faire un lien direct, le bruit déclenche pourtant aussi la production d’hormones du stress (cortisol et adrénaline). En fin de journée, les professionnels peuvent subir :
Le bruit en crèche n’est pas à prendre à la légère, que ce soient pour les enfants ou pour les professionnels. Pour l’atténuer et prévenir les risques psychosociaux au travail, des solutions existent.
Gestionnaires de structures, direction collaborent et équipes doivent collaborer pour un résultat efficace. Voici quelques pistes d’aménagement :
Bon à savoir 💡: L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) a publié des fiches pratiques (à retrouver ici) des recommandations pour réduire le bruit dans les espaces d’accueil des jeunes enfants, comme les crèches.
Si le bâti joue un rôle crucial, les pratiques professionnelles quotidiennes constituent l’autre moitié de la solution. Des rituels simples, coconstruits en réunion d’équipe, font une différence immense.
À titre d’exemple, le service petite enfance de la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay a lancé l’opération de sensibilisation « Tout doux le bruit » dans ses dix crèches. installation d’un sonoètre relié à un feu tricolore, mise en place de pratiques simples mais efficaces qui émergent du terrains comme limiter les jeux bruyants, éviter de claquer les portes ou encore instaurer des moments chuchotés… l’opération est un vrai succès ! Une démarche qui a valu à la collectivité le label « Décibel d’Or ».
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Réduire le bruit en crèche n’est pas un confort, c’est une nécessité de santé au travail. Si vous en souffrez, ne restez pas isolé et osez en parler !
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