Travail social : peut-on (vraiment) déconnecter pendant les fêtes ?
Profiter pleinement des fêtes de fin d’année peut sembler être un paradoxe complexe lorsque l’on exerce dans les métiers de l’accompagnement et le secteur social.
La déconnexion professionnelle est pourtant nécessaire pour prévenir l’épuisement professionnel (ou burnout), particulièrement pour les travailleurs sociaux. Pourquoi est-il si difficile de lâcher prise et quelles stratégies concrètes adopter pour préserver sa santé mentale ? Faisons le point.
Les fêtes, période de repos mais aussi de vulnérabilité
Travailler auprès de personnes vulnérables engendre une responsabilité professionnelle et émotionnelle intrinsèque. Les fêtes de fin d’année accentuent souvent l’isolement et la fragilité des personnes accompagnées, rendant certaines situations plus critiques.
Partir en congés en sachant que les usagers ou bénéficiaires pourraient se retrouver dans un environnement défavorable ou avec un risque de décompensation fait souvent naître un sentiment de culpabilité.
Pourtant, déconnecter et prendre soin de soi n’est pas un abandon. Dans les métiers d’accompagnement où le risque d’épuisement et la fatigue sont très présents, c’est même une nécessité absolue pour :
- Maintenir une distance professionnelle saine et constructive
- Tenir dans la durée et prévenir l’épuisement professionnel ou le burnout
- Revenir plus disponible et efficace pour les personnes accompagnées
Comment réussir à déconnecter pendant les fêtes ?
1. Préparer votre déconnexion
Pour profiter pleinement de vos congés, préparez-les en amont.
- Anticiper les situations sensibles : organisez un dernier entretien ou un point de situation sur les dossiers critiques avant votre départ.
- Informer les personnes accompagnées : communiquez vos dates d’absence aux personnes accompagnées et aux partenaires, en insistant sur la continuité du service.
- Clarifier les relais : définissez explicitement qui est le collègue référent (le relais professionnel) et quels sont les dispositifs d’urgence ou numéros d’appel disponibles pour les usagers (ex : 115, services de garde, etc.).
- Prioriser vos missions : distinguez l’urgent de l’important et définissez ce qui peut objectivement attendre votre retour.
2. Poser des limites claires
Les frontières vie pro-perso sont parfois fragiles, il est nécessaire de poser des limites pour une déconnexion professionnelle totale :
- Rédiger un message d’absence : précisez votre retour et le nom/contact du collègue à joindre en cas d’urgence
- Éteindre votre téléphone : laissez votre appareil professionnel hors de votre vue ou, si possible, désactivez les notifications professionnelles uniquement.
- Définir en amont les urgences : établissez une règle collective sur ce qui constitue une « urgence vitale » justifiant un contact, et assurez-vous que cette définition soit respectée.
- Garder en tête la responsabilité collective : rappelez-vous que l’institution (la structure, l’établissement) assure la continuité du service, pas votre seule personne.
3. Prendre du temps pour soi
Pour revenir ressourcé de vos congés, n’oubliez pas de pensez à vous et surtout de vous écouter !
- Identifier ce qui vous ressource (passer du temps seul.e ou au contraire voir beaucoup d’amis) : planifiez des moments qui rechargent vos batteries
- Créer une « bulle » hors fêtes : accordez-vous des journées sans la frénésie habituelle (shopping, repas de famille…)
- S’offir un cadeau : accordez-vous un plaisir pour vous féliciter de votre année de travail
4. Être indulgent avec soi-même !
Si vous n’arrivez pas à totalement déconnecter, pas de panique !
- Accepter l’imperfection des fêtes : tous les moments n’ont pas à être « parfaits », rappelez-vous que l’idéal des fêtes est souvent une construction médiatique
- Accueillir l’ambivalence : c’est normal de ressentir de la tristesse, de la fatigue ou même de l’anxiété. Accueillez ces émotions sans jugement
- S’accorder des jokers : si l’envie d’appeler un collègue pour une situation vous ronge, permettez-le-vous une seule fois. Cela vous apporte la tranquillité d’esprit nécessaire pour profiter pleinement du reste de vos congés.
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Déconnecter alors que l’on exerce un métier dans le soin ou l’accompagnement est souvent difficile et alimente un sentiment de « mal faire son travail ». Pourtant, la déconnexion professionnelle est indispensable pour continuer à maintenir une relation saine et durable avec les personnes accompagnées. Alors prêt à commencer 2026 avec les batteries rechargées ?
