Ségur de la santé : quelle place pour le médico-social et social ?

Après 50 jours de concertation, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, a présenté les conclusions du Ségur de la santé le 21 juillet.
Quelles mesures concernent les secteurs du médico-social et du social ? Sont-elles à la hauteur des attentes des acteurs ? 

Revaloriser les métiers dans les Ehpad

Le gouvernement était très attendu sur le point de la revalorisation des salaires. Après plus de 40h d’échanges, les organisations syndicales et le ministre des solidarités et de la santé sont arrivés à des accords, présentés le 13 juillet dernier.

Tous les professionnels paramédicaux dans les établissements de santé et dans les Ehpad bénéficieront d’une hausse de salaire de plus de 200€ nets par mois : 183€ nets/mois pour et le public et le privé non lucratif et 160€ nets/mois pour le privé lucratif + 35€ nets/mois en moyenne grâce à la revalorisation des grilles de rémunération.

Augmenter les effectifs en formation paramédicale

38M€ vont également être investis pour former plus de personnel de professionnels paramédicaux pour mieux répondre aux besoins des établissements sanitaires et médico-sociaux. Parmi les objectifs énoncés dans les conclusions du Ségur : le doublement des entrées en formation d’aides-soignants d’ici 2025 et l’extension des capacités de formation des instituts de formations en soins infirmiers.

Investir dans l’innovation et accélérer la transition écologique

Dans le plan massif d’investissement de 6 milliards d’euros prévus par le gouvernement, 2,1 Mds€ vont servir à transformer, rénover et équiper les établissements médico-sociaux.

Accélérer la transition écologique est également l’une des mesures du Ségur de la santé avec notamment l’objectif d’“expérimenter des projets pilotes pour mettre fin au plastique à usage unique dans la restauration collective et réduire le gâchis alimentaire dans les hôpitaux et les EHPAD.”

Décloisonner et améliorer le parcours ville-hôpital-médico-social

Un des piliers du Ségur de la santé est de “fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au services des usagers”. L’enjeu est donc de “proposer des outils pour fédérer les acteurs de façon transversale et de décloisonner.”

Cela consiste à, entre autres, :

  • Améliorer la prise en charge des personnes âgées en pérennisant et en systématisant : les astreintes sanitaires pour les établissements de personnes âgées, les équipes mobiles, les parcours d’admissions directes non programmées.
  • Lever les freins à la téléconsultation et pérenniser la prise en charge à 100 %
  • Lutter contre les inégalités de santé en garantissant une prise en charge globale (médicale, psychologique, sociale) à l’hôpital ou encore en recourant aux démarches d’allers-vers pour toucher les plus exclus
  • Développer l’accès aux soins non-programmés et l’exercice coordonné
  • Reconnaître l’accès des personnes en situation de handicap à un médecin traitant comme un objectif de santé publique
  • Faire des établissements sociaux et médico-sociaux des acteurs du parcours de soins des personnes

Pour consulter toutes les mesures issues du Ségur de la Santé, cliquez ici

Des mesures loin de faire l’unanimité

Les fédérations et associations déplorent que les secteurs du médico-social et du social soient majoritairement réduits aux Ehpad. Quinze fédérations du secteur du grand âge, du handicap et du domicile ont notamment envoyé un courrier1 au Premier ministre. Elles alertent sur l’apparition « d’un secteur santé à deux vitesses » et demandent à ce que la revalorisation des métiers ne soit pas limitée aux professionnels du soin mais qu’elle concerne toute la filière éducative et sociale.

De son côté, la Fehap déplore une “ambition encore trop faible” et rappelle qu’au moins 10 millions seront nécessaires d’ici 2024 pour financer la perte d’autonomie.2

1 Courrier envoyé au Premier ministre
2 « La pauvreté du Ségur en matière médico-sociale reporte les espoirs vers la loi grand âge » – HOSPIMEDIA

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