« L’animal ne met pas en échec et permet de créer un lien différent du langage » – La médiation animale au sein des Ehpad

Si l’impact positif de l’animal sur notre bien-être n’est plus à démontrer, de plus en plus de professionnels de santé s’interrogent sur le rôle de l’animal dans le soin. Certains Ehpad notamment utilisent la médiation animale pour rompre l’isolement de leurs résidents, leur apporter du bien-être et travailler sur leurs troubles cognitifs. C’est le cas de la résidence Beausoleil de Bridge qui innove pour ses aînés et dans la mise en place des Interventions Non Médicamenteuses. Ces solutions se déclinent par diverses pratiques et l’utilisation de nouveaux outils technologiques. Explications.

Un travail en étroite collaboration avec les associations

La résidence Beausoleil dispose d’une capacité de 70 résidents et possède une unité de vie protégée de 16 résidents. La mise en place des actions de médiation animale s’est « naturellement imposée dans nos réflexions » explique Stéphane Eude, directeur. « Nous avions déjà une ferme thérapeutique dans notre parc de 2 hectares où nous accueillons des chèvres naines, des poules ou encore des canards. Il y a quelques années, l’une de nos résidentes est venue avec son chien, qui est rapidement devenu la mascotte de la Résidence. Nous avons vu les bénéfices de la présence de l’animal sur les résidents, ce qui nous a permis de réfléchir à une véritable démarche autour de la médiation animale. »

Concrètement, la résidence travaille avec plusieurs associations, à l’instar d’ « Epatez-nous » qui propose à leurs bénévoles d’intervenir avec leurs chiens au sein des Ehpad, ou d « Interméd’Animal » qui intervient avec lapins, chinchillas et cochons d’inde. Les activités permettent notamment de travailler la mémoire (présentation des chiens, évocation des souvenirs…), les sens comme le toucher, l’expression (appeler le chien par son nom, donner un ordre…), la précision (soins donnés au chien) ou encore la mobilité en promenant le chien en laisse.

Des ateliers d’équithérapie sont également proposés en partenariat avec l’association “Mieux être avec le cheval”, dont les interventions sont menées par une infirmière en psychiatrie. Par petits groupes, les résidents peuvent se balader ou encore les brosser.

Créer un nouveau lien

Et les bénéfices de ces actions ne sont plus à prouver ! Pour Sixtine Lefebvre, neuropsychologue au sein de la résidence, « la médiation animale permet de créer un lien différent du langage, un lien tactile. Pour une partie de nos résidents avec des troubles cognitifs et des syndromes démentiels, l’humain peut être inquiétant alors que l’animal ne met pas en échec. On se rend compte que les résidents ont une attitude très acceptante envers l’animal. Certains se sont même mis à se lever pour aller à leur rencontre ! Ces ateliers ont également un vrai impact positif sur la sphère de l’humeur, ce qui réduit les troubles du comportement. »

Beaucoup de résidents viennent du milieu rural, sont habitués à vivre avec des animaux et trouvent un véritable réconfort auprès d’eux. « Nous rencontrons très peu de résistance dans la mise en place de ces actions mais, avant de proposer l’atelier au résident, nous vérifions toujours en amont s’il n’a pas une phobie. » précise Sixtine Lefebvre. « Une de nos résidentes a vécu les rafles de la Seconde guerre mondiale et est traumatisée par les chiens par exemple. Il est donc évident que nous ne lui proposons pas d’ateliers avec les chiens. »

Du côté des professionnels de santé, l’engouement a également été unanime. « De manière générale, les professionnels sont ravis de voir de la vie dans l’établissement et sont donc moteurs sur ce genre d’activité. La médiation animale a d’ailleurs fait partie des premières initiatives que nous avons remises en place dès la fin du confinement de l’année dernière ! » précise Stéphane Eude.

Une philosophie plus globale

Pour prolonger les bienfaits de la médiation animale, l’établissement a investi dans deux chats robots qui simulent le miaulement, le ronronnement. « Quand les animaux s’en vont, ces robots nous permettent de créer une vraie continuité des bienfaits, ce sont des objets rassurants pour les résidents. » explique Sixtine Lefebvre.

Ces initiatives s’inscrivent dans une philosophie plus globale de l’établissement, tournée vers la mise en place de techniques non médicamenteuses, comme la présence de bébés reborn, la mise en place de jardins thérapeutiques, des ateliers de mobilisation cognitives ou encore l’intervention d’une sophrologue et d’une aromathérapeute. Pour Sixtine Lefebvre « Ces techniques thérapeutiques permettent aux résidents d’être connectés à l’instant présent, de réduire le sentiment d’isolement et de favoriser le contact ludique. On ne va plus hiérarchiser les capacités intellectuelles et cognitives, chacun peut participer et créer du lien et, ça, c’est vraiment intéressant ! »

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