Le secteur médico-social envahit les écrans pour mieux se faire connaître

capture-decran-2016-12-02-a-16-10-06Publié le 07.02.2020 par Lydie Watremetz
Article Hospimedia

À défaut d’une grande campagne nationale gouvernementale sur les métiers, le secteur du grand âge prend les rênes. Dans la foulée des épisodes télévisés C’est la vie, le documentaire fiction Un autre regard a été présenté au colloque Age 3.

Le rapport de Myriam El Khomri mais surtout la problématique de l’attractivité des métiers médico-sociaux sont à l’honneur depuis plusieurs mois dans tous les colloques sur la gériatrie. Le congrès Âge 3 et handicap ce 6 février à la grande halle de la Villette à Paris n’a pas fait exception avec en titre de la journée « Qu’on me donne l’envie… de la gérontologie ». Cette référence musicale, accroche légère, cache des préoccupations sérieuses comme la désaffection des jeunes pour travailler dans ce secteur et aussi les difficultés des employeurs pour trouver du personnel. Dès la première conférence, les intervenants ont insisté sur le caractère urgent de la situation.

Un nouveau tournant

La partie la plus visible du remède à cette problématique semble relever de la communication et surtout de l’image véhiculée sur le grand âge et tout particulièrement les Ehpad. C’est notamment ce qui ressort des différents rapports que ce soit celui de Dominique Libault sur la concertation ou celui de la députée Audrey Dufeu-Schubert (LREM, Loire-Atlantique) pour réussir la transition démographique et lutter contre l’âgisme (lire nos articles ici et ).

Pour Benoît Calmels, directeur général de l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (Unccas), les moyens financiers aujourd’hui évoqués par le Gouvernement autour de 4 millions d’euros pour communiquer ne permettront jamais d’appuyer une grande campagne nationale nécessaire à changer le regard de la société vis-à-vis du vieillissement. Pascal Champvert, président de l’AD-PA, déplore que les propos âgistes sur les « vieux» ne soient pas épinglés à l’image des propos racistes ou sexistes. Il voit aussi comme un nouvel affront aux personnes âgées le retard pris par le Gouvernement pour présenter la future loi Autonomie. Pour lui, il faut arriver à gagner la bataille de l’opinion publique dans la lutte contre l’âgisme pour que la situation puisse changer. Et cette bataille semble prendre une nouvelle tournure. Les langues se délient, et les films rendant justice aux âgés et à ceux qui s’en occupent se multiplient.

Montrer la réalité

Avec sa campagne « C’est la vie», le Synerpa fait ainsi la promotion des Ehpad depuis le début de l’année quel que soit leur secteur d’activité privé, public ou privé non lucratif dans des petits films diffusés à la télévision, a salué Didier Sapy, directeur général de la Fnaqpa (lire aussi notre article). Le film Prendre soin projeté le 3 avril dernier dans le cadre du 17e congrès interdisciplinaire des professionnels en gériatrie (Cipeg) à Montpellier (Hérault) mais aussi quelques mois plus tard au ministère des Solidarités et de la Santé — en marge de la remise du rapport sur les métiers du grand âge — veut aussi participer au changement de regard et peut-être répondre aux reportages évoquant dans des établissements pour personnes âgées des cas de maltraitances. Reportages qui avaient soulevé la colère des professionnels et amené le secteur dans la rue en 2018.

Un autre regard réaliste et fictif

Actuellement les acteurs du secteur reprennent la main avec la volonté de faire connaître les métiers du grand âge mais en essayant d’être le plus juste possible. Dans cette optique, en master class de la journée parisienne Âge 3, le documentaire-fiction Un autre regard produit par le réseau des Ehpad Béarn et Soule (Rebs 64, Pyrénées-Atlantiques) a été présenté. Philippe Navet, président du réseau et directeur de l’Ehpad Les Lierres à Pau (Pyrénées-Atlantiques), a raconté la genèse de ce film de 17 minutes d’un coût estimé à 20 000 euros. Ses droits ont été achetés par l’ARS Nouvelle-Aquitaine et il est notamment diffusé dans les instituts de formation d’aides-soignants ou d’infirmiers mais aussi les Ehpad. Son scénario confronte deux arrivées. Celle d’un résident et celle d’une aide-soignante sortant de l’école et prenant son premier poste en Ehpad. Jérôme Lecamus, le réalisateur, indique que le scénario a été écrit en collaboration avec le Rebs 64. Pour ce court métrage qui balance entre deux genres, la fiction et le documentaire, seuls les deux acteurs principaux (le résident et la jeune aide-soignante) sont des acteurs professionnels. Les autres jouent leur propre rôle. Il déclare qu’il a souhaité « mettre une part de fiction dans une réalité».

Les mots et maux des Ehpad

Dès les premières images, on voit l’âgé dans son fauteuil roulant sortant de sa maison pour rejoindre un Ehpad. Perdu, il écoute l’air hagard sa fille lui dire : « Ça va aller papa je suis là»… En parallèle, la nouvelle professionnelle sort de sa voiture et entre d’un pas décidé dans l’établissement. La personne qui l’accueille la prévient d’emblée : « On a plein de choses à voir.» Elle lui montre son casier, lui donne une blouse pour qu’elle s’habille en lui conseillant juste « de se dépêcher un petit peu». À son programme : les toilettes, le déjeuner, la mise à la sieste, le goûter et le repas du soir des résidents… La liste est déroutante. Le réalisateur a conseillé aux professionnels filmés d’agir comme ils le font au quotidien. C’est ainsi qu’on les voit aussi discuter pour essayer de trouver une solution pour pallier l’absence d’une salariée. Le résident-acteur est aussi rétif. Quand on lui demande comment il va, il rembarre l’aide-soignante, lui signalant qu’il a été réveillé deux fois dans la nuit. Plus tard, il demande : « Qu’est-ce-que je fais ici, je veux rentrer, appelez mes enfants.» Dans de durs moments de réalité, la fiction arrive avec les instants de lucidité de l’âgé qui se rappelle qu’il faisait du théâtre. Fiction encore, il se retrouve avec l’aide-soignante dehors à regarder le paysage et à se lier d’amitié. À ce moment-là le temps s’arrête…

 

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